Lucien DerainneHumanités scientifiques
Professeur junior à l’Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités (IHRIM, CNRS / ENS de Lyon / Université Lumière Lyon 2 / Université Jean Monnet Saint-Étienne / Université Jean Moulin Lyon 3 / Université Clermont Auvergne), Lucien Derainne s’intéresse aux liens et influences croisées entre littérature et histoire des sciences, en particulier les façons dont la littérature évoque la science ou les procédés de la science. Les xviiie et xixe siècles constituent sa période de prédilection, et en particulier « le moment 1800 », qui en constitue la jonction : celui où la littérature et les sciences se séparent, et où se mettent en place les normes scientifiques modernes. Outre de nombreuses publications universitaires et une charge d’enseignement, il s’attache à diffuser auprès du grand public ses résultats de recherche.
Lucien Derainne a rejoint l’IHRIM sur une chaire nouvellement créée de professeur junior, en novembre 2024.
Méthodes, valeurs, normes… Les travaux de Lucien Derainne valorisent l’apport de la science à la société, hors savoirs et applications techniques. « Je suis convaincu que l’analyse des représentations collectives et des mots est un outil puissant. » À ce titre, il s’inscrit dans la lignée de l’épistémologie historique, tout en s’en distinguant par son approche méthodologique.
« Objectivité », « évidence », « passionnant » font partie des mots que Lucien Derainne s’est attaché à étudier. « Le premier apparaît en français vers 1800 ; le mot observation remplace celui d’expérience vers 1770. Aucun historien des sciences n’avait jusqu’alors démontré que le terme ‘’objectivité’’ a d’abord été utilisé en littérature, avant de l’être dans les sciences. » À sa disposition : de larges corpus de textes numérisés, y compris des manuels d’observation et des traités philosophiques.
Dans une perspective de décloisonnement, les travaux du jeune chercheur invitent à repenser l’histoire de la science et de la littérature de manière croisée et collective. « J’ai cette chance de pouvoir dialoguer au sein de mon laboratoire avec d’autres littéraires, des philosophes, des historiens des sciences… » Les échanges sont aussi fructueux par-delà les frontières, notamment avec ses collègues suisses.
Il s’attache encore à « partager au plus grand nombre ses recherches, dans l’idée d’une continuité naturelle avec mon sujet », en participant à des événements de vulgarisation, ou encore en publiant en ligne des billets sur l’apport de la science à la société.