Les Nouvelles de l’archéologie
« La possibilité des îles ». L’archéologie dans la France d’outre-mer (Petites Antilles et Guyane – Terres australes et antarctiques), n°150/2018
Les Nouvelles de l’Archéologie présentent les grandes tendances et les enjeux de l’archéologie métropolitaine, de l’archéologie étrangère et de l’archéologie française à l’étranger. Fondée en 1979, la revue se veut à la fois le reflet des évolutions de la discipline et un lieu de débat ouvert aux chercheurs professionnels et bénévoles, aux étudiants et à toute personne ou institution concernée par le patrimoine archéologique. Chaque numéro contient des informations concernant l’actualité scientifique, l’enseignement et la formation, l’organisation et la conduite de la recherche, le financement et les débouchés de l’archéologie, les colloques et les congrès, la conservation, les expositions, les publications, les projets audiovisuels, sites Internet et autres moyens de diffusion des connaissances auprès du public.
Sans prétendre à l’exhaustivité, ce numéro des Nouvelles de l’archéologie a pour ambition de montrer, à travers quelques exemples, l’essor de l’archéologie française des périodes médiévale, moderne et contemporaine dans les départements et régions d’outre-mer ainsi que dans les collectivités d’outre-mer situées dans les Petites Antilles. S’il aurait été irréaliste de proposer une synthèse sur « l’archéologie coloniale » française il y a encore quelques années, le retard pris par les chercheurs français dans l’étude des sociétés des « Îsles » sous l’Ancien régime est en passe d’être comblé. À la faveur d’interventions de grande envergure, ils ont renouvelé leurs approches du terrain en élargissant le champ de leurs investigations. Ils s’intéressent aujourd’hui à toutes les composantes des habitations — parties résidentielles, espaces serviles, structures de productions —, et ont aussi intégré le fait urbain ou le domaine funéraire à leurs problématiques. C’est ce que les différents articles présentés dans ce numéro permettent d’entrevoir.
Dans son panorama sur l’archéologie dans la France d’outre-mer, Fabienne Ravoire montre comment cette archéologie des îles est une autre façon de décoloniser l’histoire en s’appuyant sur la culture matérielle pour assumer les liens qu’entretient l’Occident avec d’autres mémoires et d’autres passés. Les rythmes et les modalités de la colonisation, le processus de formation des sociétés créoles, les relations qu’elles ont, entre elles et avec la métropole, la manière dont elles s’intègrent à l’aire géographique à laquelle elles appartiennent, sont les enjeux de cette recherche archéologique.
Quatre conservateurs régionaux de l’archéologie
En Guadeloupe, Tristan Yvon envisage la ville coloniale au carrefour du développement de l’archéologie urbaine et de l’archéologie du bâti, en s’appuyant sur une analyse critique des documents historiques. Pour l’auteur, la sauvegarde du remarquable patrimoine architectural de Basse-Terre, fondée plus d’un siècle avant Pointe-à-Pitre, suppose une étude approfondie.
En Martinique, Emmanuel Moizan confronte les données archéologiques issues de la fouille préalable à la construction de la nouvelle Cour d’appel de Fort-de-France, avec les informations tirées d’une riche documentation cartographique et iconographique, pour saisir les processus et les rythmes de l’évolution de cet îlot urbain, entre la fin du XVIIe siècle et le tout début du xxe siècle.
Quatre archéologues
Puis, quatre chercheurs
En l’état très incomplet des connaissances sur l’histoire de Cayenne, Mickaël Mestre et Nicolas Payraud explorent la manière dont s’est formée la principale ville de Guyane : du fort bâti sur le mont Cépérou (1643) au bourg protégé par une enceinte de terre et de bois ; du siège du gouvernement colonial défendu par des fortifications à la « ville nouvelle » dotée d’un strict plan orthonormé ; des travaux d’urbanisme de la première moitié du xixe siècle à l’incendie de 1888.
Fabrice Casagrande s’engage quant à lui dans l’archéologie de la « société d’habitations » et raconte le destin de l’habitation-sucrerie Desmarais de l’île de la Basse-Terre en Guadeloupe. La fouille de cette habitation-sucrerie, construite par des colons hollandais dans l’arrière-pays de Saint-Claude, a révélé une maison atypique de plan carré, proche de celles édifiées dans le Pernambouc au Brésil.
À partir des fouilles des quartiers serviles de La Piéta à Port-Louis, sur l’île de Grande-Terre, et de Morne-Bourg à Petit-Bourg, sur l’île de Basse-Terre, un collectif d’auteurs
Les auteurs
Virginie Motte, Édouard Jacquot et Thierry Cornec présente l’océan Indien comme une terre nouvelle pour l’archéologie. Mayotte et La Réunion, zones de présomption de prescription archéologique, donnent aux chercheurs la matière nécessaire à des problématiques archéologiques totalement originales, comme les échanges dans l’océan Indien médiéval perceptibles à Mayotte.
Un autre collectif d’auteurs
Enfin, un groupe de recherche