Train et écologie, xixe-xxie siècles
Créé en juin 2020, Train et écologie, xixe-xxie siècle est le carnet de recherche de Rails & histoire, l’Association pour l’histoire des chemins de fer, portée par des professionnels et professionnelles des chemins de fer et des historiens et historiennes. Il est structuré autour d’un axe de recherche qui analyse les différentes formes de relations entre le système ferroviaire et les enjeux environnementaux sur le temps long. Animé par Arnaud Passalacqua, Cécile Hochard et Romain Sanchez, ce carnet vise à rendre facilement accessible l’état actuel de la recherche et propose, parmi la vingtaine de billets publiés, des rapports, des bibliographies, ainsi que des comptes rendus de séminaires et de colloques.
La série de billets Tout feu, tout flamme ! s’interroge sur l’histoire des nuisances environnementales du chemin de fer en explorant le thème de l’émission des fumées par les trains ayant roulé au charbon. Quelles ont été les conséquences des fumées sur les riverains et riveraines et quelles réactions le développement ferroviaire a-t-il suscité en retour ? Quels impacts ont-elles eu sur l’environnement, notamment en ce qui concerne les risques d’incendie des forêts et campagnes ? Quelles solutions techniques ont été mises en œuvre pour réduire ces nuisances ? Comment les fumées sont-elles représentées par les arts graphiques, notamment chez les peintres impressionnistes, et par la littérature ?
Ce carnet réunit également une série de notes de synthèse remarquables sur les traverses. Les deux premières explorent la question du bois exotique utilisé pour leur fabrication suite à la Première Guerre mondiale, et plus particulièrement de l’okoumé, importé du Gabon et réputé être ainsi utilisé. Les deux suivantes détaillent une controverse technique datant de la fin du xxe siècle, portant sur le matériau de construction : bois ou métal ? Comment sont choisies et traitées les essences de bois ? Quelles sont les conditions de travail et de vie des travailleurs et travailleuses des ateliers français de créosotage, où l’on traite chimiquement le bois ?
Centré sur les enjeux écologiques, et proposant également des billets plus contemporains, par exemple sur les trains de nuit en Europe, ce carnet donne un aperçu très précis du passage d’un moyen de transport dont le carburant premier était le charbon au seul moyen de transport à avoir réduit régulièrement à la fois ses émissions de gaz à effet de serre et sa consommation d’énergie depuis 1990.
Sophie Guillot