Monde rêvé, monde collectionné
Cet ouvrage revisite, à l’aune d’une documentation inédite dispersée entre Athènes, Paris, Londres et Genève, l’histoire des collections artistiques réunies par un fils de famille de la colonie grecque d’Alexandrie, Antonis Benakis (1873-1954), entre ses premiers achats autour de 1900, jusqu’à l’ouverture, en 1931, du musée qui porte son nom à Athènes.
L’enquête réalisée replace ses acquisitions d’objets grecs, coptes, byzantins, arabes, turcs et persans dans l’univers social, culturel, économique, et politique qui fut le sien, à Alexandrie tout d’abord où sa famille, francophone et plus encore anglophile, possédait un négoce d’exportation de coton de première importance, puis à Athènes où l’amateur alexandrin prend part à une intense vie culturelle et associative à partir de 1927.
L’étude bouscule ce faisant les idées reçues qui tiennent pour séparés et successifs les achats d’art islamique et d’art grec d’Antonis Benakis, alors que ceux-ci participent d’un projet unitaire et singulier : donner à voir la Méditerranée orientale, ce monde rêvé par le projet irrédentiste grec de la « Grande idée », dans son unicité et dans la multiplicité des liens et des intrications qui relient bien des facettes de sa culture matérielle sur la très longue durée.
À propos des auteurs
Docteur en Histoire et Civilisation à l’Institut Universitaire Européen (Florence), Angelos Dalachanis a effectué des recherches postdoctorales dans les universités Aix-Marseille et de Princeton et a été associé en France à des projets de recherche régionaux, nationaux et européens. Avant sa prise de fonction au CNRS (IHMC), il était membre scientifique de l’École française d’Athènes. Ses recherches portent sur l’histoire de la Méditerranée orientale à l’époque contemporaine.
Mercedes Volait est une historienne de l'art et directrice de recherche CNRS (InVisu) spécialiste de l'architecture moderne du Caire.