La vie des PEPR

La Lettre Autres

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Objets initialement difficiles à identifier, les programmes nationaux que sont les Programmes et Équipements Prioritaires de Recherche (PEPR), exploratoires ou d’accélération, deviennent petit à petit des objets familiers du paysage de la recherche française. Les réponses aux appels à projets, journées scientifiques, centres opérationnels, contrats doctoraux et chaires collectives, plateformes numériques et/ou collaboratives, mobilisent aujourd’hui de très nombreux chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales, parfois en forte collaboration avec des collègues d’autres disciplines. Nous vous proposons ici un petit panorama des principales actions en cours ou envisagées.  

PEPR Ville durable et bâtiments innovants (VDBI)

Le PEPR Ville durable et bâtiments innovants vise à stimuler la recherche scientifique et technique tout en mobilisant et en rassemblant les communautés scientifiques et les acteurs territoriaux afin de promouvoir et accélérer la mise en œuvre de recherches pour des villes durables et des bâtiments innovants (VDBI). 

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Atelier réalisé dans le cadre du Séminaire Équipe de gouvernance-Centres opérationnels du PEPR VDBI les 1er et 2 juillet 2025 © Eliott Leclerc

Structuration du PEPR : nouvelles missions, projets et centres opérationnels

Le PEPR est articulé autour d’une volonté forte d’expérimentation : le programme est conçu pour rester agile avec une réorientation possible des activités, pour intégrer de nouveaux défis émergents et adapter les approches en fonction des résultats. Dans ce cadre, des missions de veille et d’éditorialisation sont en cours de structuration au sein de l’animation du PEPR. 

Le programme s’appuie sur des dispositifs participatifs (frises prospectives, webinaires, journées scientifiques) pour identifier les besoins de recherche prioritaires et stimuler les collaborations entre chercheurs et chercheuses, collectivités, entreprises et associations. Les trois Centres opérationnels dédiés à l’évaluation des politiques publiques urbaines (MESAP), aux données (SIVDBI) ainsi qu’à la modélisation urbaine (MISCIB) participent au caractère expérimental du programme. Des webinaires mensuels, initiés en 2025, permettent de suivre l’avancée des travaux du PEPR et en particulier ceux des huit projets lauréats du premier Appel à projets 2024. 

Perspectives 

Le PEPR VDBI tiendra ses deuxièmes Journées scientifiques du 3 au 5 novembre 2025 à Marseille et Aix-en-Provence ; elles seront l’occasion de présenter les avancées du programme et de susciter de nouvelles collaborations.

Les nouveaux financements du PEPR viseront à favoriser les recherches proposées sur des sujets non installés. La pluralité des disciplines — notamment émanant des SHS — nécessaire pour répondre à des problématiques complexes posées par l’urbain,  sera de nouveau au cœur de ces appels à projet en 2025. 

Porteurs du PEPR VDBI : Gilles Gesquière, professeur des universités, Laboratoire d'informatique en image et systèmes d'information (LIRIS, UMR5205, CNRS / INSA Lyon / Université Claude Bernard Lyon 1), gilles.gesquière@univ-lyon2.fr ; Anne Ruas, directrice de recherche Université Gustave Eiffel, Méthodes et applications pour la géomatique et l'information spatiale (MAGIS, GDR2340, CNRS), anne.ruas@univ-eiffel.fr ; Dominique Mignot, ingénieur en chef des Ponts des Eaux et des Forêts, Université Gustave Eiffel, dominique.mignot@univ-eiffel.fr

 

PEPR Risques (IRiMa)

Le PEPR IRiMa (Gestion intégrée des risques pour des sociétés plus résilientes à l’ère des changements globaux), piloté par le CNRS, le BRGM et l’université Grenoble Alpes, a pour objectif de renforcer et structurer des recherches scientifiques sur les risques, les catastrophes et leurs impacts dans le contexte de changements environnementaux globaux, anthropiques et climatiques. Son objectif est également de contribuer à l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale de gestion des risques.

Il s’appuie sur un ensemble de constats sur les risques auxquels les sociétés font désormais face. La superposition et l’intrication des risques et des crises actuelles exposent les sociétés humaines à une augmentation des catastrophes, avec parfois des effets en cascade. Face à ces risques, nos sociétés expérimentent des formes d'instabilité et de fragilité générées par le niveau sans précédent de connectivité et de complexité. Il y a donc un besoin urgent d’innover en termes d’analyse et de gestion des risques et des crises pour renforcer les capacités des sociétés à faire face à un ensemble de menaces (hydro-climatiques, telluriques, technologiques, sanitaires, couplées). Pour répondre à ces défis, le PEPR Risques consolide, stimule et coordonne un effort de recherche national en adoptant une approche holistique et intégrative des savoirs. Il fédère des chercheurs et chercheuses issus de plusieurs champs disciplinaires — géosciences, sciences du climat et de l’environnement, ingénierie, sciences des données et du numérique, sciences humaines et sociales.

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Les destructions suite au cyclone Gamède en février 2007 aux Antilles : les aménagements côtiers entièrement détruits par la houle sur le littoral de Saint-Paul (La Réunion, 2007) © BRGM - Ywen de La Torre

Le PEPR Risques déploie son action au sein de huit projets ciblés (PC) :

  1. Chaires collectives (COCHAIR) : 4 chaires pour renforcer les activités scientifiques transversales

  • Chaire 1 - Données, modèles et décision en science des risques

  • Chaire 2 - Multirisques

  • Chaire 3 - Science, expertise et politique à l’ère des changements globaux

  • Chaire 4 - Culture et médiation des risques

  1. Risques en montagne (IRIMONT) : Évaluation et mitigation des risques d’origine naturelle au sein des territoires de montagne dans le contexte du changement global.

  2. Risques littoraux (IRICOT) : Vers une meilleure compréhension des risques littoraux pour préparer la société face aux changements globaux.

  3. Risques NaTech : Anticiper et gérer les accidents technologiques engendrés par un événement naturel dans les territoires urbains et périurbains.

  4. Risques Outre-mer : Risques sismo-volcaniques, tsunamis et hydro-climatiques en Outre-mer.

  5. Risques et sociétés (RISC) : Risques et sociétés à l’ère des changements environnementaux globaux : enjeux, savoirs et politiques.

  6. Plateformes numériques : une architecture distribuée de données et de services pour la mise en œuvre de scénarios de risques.

  7. Actions internationales (INTERRISK) : International actions for risk sciences.

Un neuvième projet ciblé consacré aux risques climatiques est en cours de finalisation. Par ailleurs, une dizaine de nouveaux projets viendront compléter ces projets ciblés, à l’issue des résultats de l’appel à projets ANR en cours.

Dans ce programme, les sciences humaines et sociales sont fortement présentes, avec le développement d’un ensemble de chantiers sur, notamment, l’analyse des régimes de savoirs et des transformations des modes de gouvernement des risques et des catastrophes, des vulnérabilités multiples, des différentes instabilités et inégalités générées par les risques environnementaux globaux ainsi que sur les formes d’inclusion des citoyens dans les décisions et la gestion des risques pour une société plus juste et plus durable.

Porteurs du PEPR Risques : Soraya Boudia, professeur des universités, Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé mentale, Société (CERMES 3, UMR8211, CNRS / Inserm / Université Paris Cité), soraya.boudia@cnrs.fr ; Didier Georges, professeur des universités, Grenoble Images Parole Signal Automatique (GIPSA-lab, UMR5216, CNRS / Université Grenoble Alpes), Didier.Georges@gipsa-lab.grenoble-inp.fr  ; Gilles Grandjean, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), g.grandjean@brgm.fr 

 

PEPR Iccare, Industries culturelles et créatives

Depuis son lancement il y a onze mois, le PEPR Iccare, volet recherche de la stratégie nationale d’accélération des industries culturelles et créatives (ICC), déploie une dynamique inédite de structuration et d’animation de science avec et pour les ICC. Doté de 25 M€ sur six ans, le programme vise à renforcer les liens entre recherche (sciences humaines et sociales, sciences informatiques) et acteurs des ICC, autour de plateformes technologiques, d’équipements immersifs et de projets interdisciplinaires. L’ICCARE-LAB fédère dix secteurs (musique, audiovisuel, arts visuels et numériques, design et architecture, spectacle vivant, métiers d’art et de mode, musées et patrimoines, arts de vivre, édition, jeux vidéo) et anime la communauté via des « journées d’accélération » thématiques destinées à favoriser la co-construction et la circulation des savoirs.

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OEuvre #Alphaloop d'Adelin Schweitzer, Friche la Belle de Mai, Marseille, mars 2025 © Hyacinthe Belliot

Six projets transversaux sont en cours : HARMONIE (création et IA), THEMIS (publics), EUPRAXIE (crises), DEDALE (alternatives culturelles), STYX et COMET (univers métaversiques). Les premiers événements ont permis de croiser chercheurs/chercheuses, artistes, entrepreneurs et institutions, de Marseille à Lille, en passant par Paris, Nantes ou la Corse, sur des thématiques aussi diverses que l’immersion, la diversité culturelle, la transition écologique ou l’impact du numérique. Un premier appel à « petits projets », à accompagnement doctoral et à contrat doctoral a permis de financer des initiatives innovantes sur la médiation numérique, l’inclusion, la transition écologique, l’intelligence artificielle, les nouveaux récits immersifs ou encore la santé.

La plateforme collaborative ARIANE, lancée en février, facilite la cartographie dynamique des acteurs et le dialogue entre recherche et ICC. Les premiers retours de terrain confirment la richesse des collaborations, l’émergence de réseaux nationaux et l’implication des territoires. Les prochaines étapes porteront sur le renforcement des interactions interdisciplinaires, l’accompagnement des transformations numériques et écologiques, et la valorisation des premiers résultats auprès des communautés et du grand public. Enfin, le programme s’attache à documenter et partager les pratiques, à soutenir la formation et à ouvrir de nouveaux espaces de dialogue entre recherche, création et société.

Porteurs du PEPR Iccare : Solveig Serre, directrice de recherche CNRS, Centre d'études supérieures de la Renaissance (CESR, UMR7323, CNRS / Université de Tours), solveig.serre@cnrs.fr ; David Coeurjolly, directeur de recherche CNRS, Laboratoire d'informatique en image et systèmes d'information (LIRIS, UMR5205, CNRS / INSA Lyon / Université Claude Bernard Lyon 1), david.coeurjolly@cnrs.fr 

Consulter le 1er numéro de la Lettre du PEPR Iccare  

 

PEPR ORIGINS, Origines : des planètes à la vie 

Le volet SHS du PEPR « Origines : des planètes à la vie » apporte un regard réflexif sur la construction des savoirs sur les origines de la vie et de la Terre et leurs impacts sur les sociétés contemporaines. Il s’appuie sur un partenariat entre le CNRS, le Muséum national d’Histoire naturelle, le Collège de France, et l’université Grenoble Alpes (UGA).

Aujourd’hui, les recherches sur l’origine des planètes et de la vie renouvellent la manière de concevoir la place des humains dans l’univers. Pour éclairer ces questions, le consortium mobilise l’anthropologie, l’histoire, les sciences de la communication et les sciences juridiques pour développer des collaborations interdisciplinaires inédites avec les sciences de la nature.

Au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS) et au Centre Alexandre Koyré (CAK), plusieurs enquêtes replacent la construction des savoirs sur les origines dans leurs contextes historiques et sociotechniques contemporains. Elles interrogent la variation des représentations culturelles de la vie et participent à l’élaboration d’une définition interdisciplinaire des biosignatures1.

Avec Jean Duprat et Pierre Sans-Jofre, tous deux membres de l’Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie (IMPMC, UMR7590, CNRS / MNHN / Sorbonne Université), le CAK aborde la question des origines à partir d’une enquête historique sur les collections de géologie.

Les sciences de la communication, représentées par le Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (Gresec, Université Grenoble Alpes), dirigé par Benoît Lafon, scrutent les discours, les images et les imaginaires associés à l’exobiologie, au retour d’échantillons extraterrestres et à l’habitabilité. 

La Chaire de Droit international des institutions de Samantha Besson (Collège de France) explore les bases légales sur lesquelles fonder des collaborations internationales dans le domaine spatial

Enfin, la MFO développe, avec le laboratoire international Interdisciplinary and Global Environmental Studies (IGLOBES, CNRS / ENS-PSL / Université d’Arizona), un réseau international autour du spatial et de l’exobiologie.

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Chercheurs participant à la formation Pangaea en géologie planétaire proposé par l'ESA, à Lanzarote (Espagne) © ESA–A. Romeo / ESA Standard Licence

Porteurs du volet SHS : Charlotte Bigg, chargée de recherche CNRS, Centre Alexandre Koyré (CAK, UMR8560, CNRS / EHESS / MNHN), charlotte.bigg@cnrs.fr ; Perig Pitrou, directeur de recherche CNRS, Maison Française d’Oxford, (MFO, UAR3129, CNRS / MEAE / Université d’Oxford) et Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS, UMR7130, CNRS / EHESS / Collège de France), perig.pitrou@college-de-france.fr 


 

PPR Autonomie (handicap et grand âge)

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Brochure de présentation des lauréats du PPR Autonomie

Doté de 30 millions d’euros, le PPR Autonomie se caractérise par un ancrage fort dans les sciences humaines et sociales ainsi qu’une ouverture sur d’autres disciplines comme les sciences de l’ingénieur et de la santé. Sa feuille de route scientifique s’organise autour de quatre défis. Le premier est centré sur la notion d’autonomie : sa définition, ses usages, sa mesure. Le deuxième porte sur la conception des politiques publiques en matière d’autonomie. Le troisième défi concerne l’analyse des situations et expériences d’autonomisation. Enfin, le quatrième défi est orienté vers la conception, la réception et les usages des dispositifs et des expérimentations innovants. Ces quatre défis ont structuré deux appels à projets, lancés par l’ANR en 2021 et 2022, à l’issue desquels onze projets ont été retenus qui, pour la plupart, ont une durée de cinq ans.

Parallèlement à ces onze projets, qui rassemblent aujourd’hui plus de 400 personnes, le programme est doté d’une équipe d’animation scientifique de quatre personnes qui a une triple mission. Tout d’abord, elle accompagne les projets et anime la communauté. Ensuite, épaulée par un Conseil consultatif, elle développe les liens sciences-société sur les questions d’autonomie, en lien avec les projets financés, mais aussi de manière plus large, en déployant un dispositif original. Celui-ci vise à faciliter l’appropriation des résultats de la recherche par la société civile, à favoriser les rencontres, les coopérations et les recherches participatives et à former les acteurs de terrain et les chercheurs à ce type de recherches. Enfin, elle met en œuvre des actions orientées vers les chercheurs et chercheuses en début de carrière qui, pour certaines, ont aussi un objectif d’internationalisation de la recherche française : résidence d’écriture et ateliers de relecture croisée d’articles en cours ; aide au financement de publications en langues étrangères ; aide au financement de missions à l’étranger ; actions de formation en lien avec l’insertion professionnelle dans et hors de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Porteurs du PPR Autonomie : Vincent Caradec, directeur du PPR, professeur des universités, Centre de recherches « Individus, Épreuves, Sociétés » (CeRIES, Université de Lille), vincent.caradec@univ-lille.fr  ; Gildas Brégain, directeur-adjoint du PPR, chargé de recherche CNRS, ARENES (UMR6051, CNRS / EHESP / Sciences Po Rennes / Université de Rennes), gildas.bregain@ehesp.fr ; Claudia Marquet, responsable de l’administration et du pilotage du PPR, claudia.marquet@cnrs.fr

 

PEPR Recyclage

Après deux années de recherche, le PEPR RECYCLAGE, porté par le CNRS et mobilisant, entre autres, les sciences humaines et sociales, analyse les réalités socio-matérielles du recyclage grâce à l’implication de neuf laboratoires au sein d’un axe spécifique, sous la coordination du laboratoire Espaces et sociétés (ESO), ainsi qu’à la participation d’autres équipes SHS dans quatre axes dits « matières » et « filières ». Une deuxième vague de projets va permettre de faire rentrer une dizaine de laboratoires en sciences humaines et sociales supplémentaires, d’ici la fin de l’année. 

Les équipes du PEPR ont développé des travaux ayant plusieurs orientations complémentaires. Le premier s’intéresse à la « mine urbaine » et au métabolisme des flux. Il s’agit d’analyser la gouvernance de la matérialité des déchets, les tensions écologiques et socio-politiques, les inégalités territoriales dans les territoires, en interrogeant la capacité réelle du recyclage à répondre aux défis écologiques contemporains. La deuxième orientation explore le positionnement des consommateurs et des jeteurs, en mobilisant des expérimentations basées sur des outils comportementaux et des ateliers philosophiques. Cet axe s’étend également à l’analyse de la circularité des modèles économiques français, ainsi qu’à l’impact des contraintes réglementaires. Enfin, la troisième orientation étudie les marges rudologiques des sociétés et des territoires, où le recyclage s’inscrit entre économie formelle et informelle, dans les territoires d’outre-mer, ou dans un rapport agnotologique aux déchets. Des enquêtes ethnographiques sont menées dans des ressourceries, auprès des récupérateurs informels en France et à l’étranger, s’intéressant aux enjeux de flux ou d’économie sociale et solidaire. 

En interaction étroite avec les acteurs de la gestion des déchets, les sciences sociales permettent d’ancrer le PEPR Recyclage dans le terrain et dans une approche systémique. Cela se matérialisera notamment avec la création de Lieux totems du PEPR dans plusieurs universités françaises.

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Silicium pur, extrait d'un ancien panneau photovoltaïque usagé © Cyril FRESILLON / Simap / SOLAR / CNRS Images

Porteurs du PEPR Recyclage-SHS :  Mathieu Durand, professeur des universités, mathieu.durand@univ-lemans.fr ; Jean-Baptiste Bahers, chargé de recherche CNRS, jeanbaptiste.bahers@univ-nantes.frEspaces et sociétés (ESO, UMR6590, CNRS / Université Rennes 2 / Université d’Angers / Université de Caen Normandie / Le Mans Université / Université de Nantes / Institut agro Rennes-Angers)

 

PEPR Sous-sol

Le sous-sol renferme un potentiel clé en matière de ressources et d’usages pour répondre aux objectifs de développement durable et soutenir la transition énergétique. Il est un réservoir de ressources minérales essentielles pour la construction d’infrastructures de production d’énergies renouvelables, une source d’énergies bas carbone comme la géothermie, et un espace utilisé pour le stockage d’énergie et de CO2 et pour le développement d’infrastructures urbaines. Dans un contexte de demande croissante en ressources et usages du sous-sol, et le risque à terme de conflits d’usage, il est essentiel de mieux planifier et gérer l’accès au sous-sol. Il est aussi nécessaire de renforcer le dialogue non seulement entre les scientifiques en sciences de la Terre et de l’environnement, en sciences sociales, environnementales, économiques et juridiques, mais aussi avec les citoyens, les décideurs et les industriels autour de ces enjeux.

Pour cela, le PEPR exploratoire « Sous-sol, bien commun » vise à :

  1. mieux évaluer la demande nationale future en ressources et usages du sous-sol, 

  2. caractériser les potentiels géologiques, 

  3. faire émerger des technologies innovantes et à définir les conditions d’une utilisation responsable et durable, en travaillant à la fois sur la connaissance géologique du sous-sol et sur les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et réglementaires de son utilisation.

Financé dans le cadre du plan France 2030 et copiloté par le CNRS et le BRGM, le PEPR Sous-sol est doté d’un budget d’aide de 71,4 millions d’euros sur sept ans et rassemble à ce stade plus de trente institutions et laboratoires partenaires. 

Ces budgets ont été alloués de deux manières différentes : par des projets ciblés, qui représentent deux tiers des financements, et par des appels à projets ouverts (un en 2024-2025, l’autre en 2025-2026) ou appels à manifestations d’intérêt (2026), qui représentent un tiers des financements). Ces appels portent sur les trois thématiques identifiées ci-dessus, et les sciences sociales y sont particulièrement attendues.

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Amas de bauxite dans un paléokarst (Occitanie, 2017) © BRGM - Timothée Dupaigne

Porteurs du PEPR Sous-sol : Xavier Arnauld de Sartre, directeur de recherche CNRS, Transitions énergétiques et environnementales (TREE, UMR6031, CNRS / Université de Pau et des pays de l’Adour), xavier.arnauld@cnrs.fr ; Olivier Vidal, directeur de recherche CNRS, Institut des sciences de la Terre (ISTERRE, UMR5275, CNRS / IRD / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc), olivier.vidal@univ-grenoble-alpes.fr ; Pierre Nehlig, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), p.nehlig@brgm.fr 

 

PEPR Santé Numérique

 

Work Package Santé Numérique en Société (SaNSo) 

Lancé en 2023, le PEPR Santé Numérique regroupe 17 projets ou work packages consacrés à différents enjeux autour des données de santé et de leur traitement. Parmi eux, le work package Santé Numérique en Société (SaNSo) a pour ambition de rassembler et de mutualiser les forces des chercheuses et chercheurs issus de différentes sciences sociales autour d’un centre d’intérêt commun, la santé numérique. Le projet part de l’idée selon laquelle, pour aboutir à une santé numérique qui soit éthique et socialement utile, il convient de mobiliser les outils et perspectives des sciences humaines et sociales, et d’étudier les liens entre santé numérique et société. Il s’appuie sur une structure existante : l’Institut Santé Numérique en Société, un des centres de recherche de PariSanté Campus.

SaNSo regroupe une cinquantaine de chercheuses et chercheurs en SHS (sociologues, économistes, anthropologues, juristes, historiens, philosophes) qui réalisent des travaux sur la santé numérique. Il s’articule autour de quatre axes :

  1. Data et quantification, qui interroge les conditions sociales de production des données et des mesures en santé. 

  2. Professions, qui étudie les effets du numérique sur les professions du soin. 

  3. Politique, sur les enjeux politiques liés à la prolifération des données de santé. 

  4. Valeur, sur les enjeux de valorisation, notamment marchande, des données de santé. 

Pour chacun de ces axes, l’objectif est double : d’une part, multiplier les enquêtes afin de quadriller les effets de la santé numérique sur la société ; de l’autre, structurer une véritable communauté de recherche sur ces sujets. En termes de gouvernance, SaNSo repose sur un comité de pilotage dirigé par Emmanuel Didier, une assemblée générale et un conseil d’orientation stratégique.

Depuis 2023, il est possible de signaler plusieurs accomplissements notables dans le cadre de SaNSo. Tout d’abord, en termes d’ouverture de nouvelles enquêtes. Le projet a permis de financer quatre postdoctorantes travaillant sur des terrains variés, de l’étude sur l’effet des technologies d’IA pour la procréation médicalement assistée jusqu’à l’analyse de la notion d’intérêt public en droit de la santé, en passant par un travail sur la réutilisation des données de santé hospitalières. Ensuite, en termes d’évènements scientifiques. SaNSo porte le séminaire mensuel Santé et Big Data, ainsi que des journées d’études à l’image de l’événement organisé sur le numéro spécial « Intelligences artificielles et médecine » dans le cadre de la revue Réseaux. Enfin, le projet a donné lieu à plusieurs publications, et alimente directement la revue Données, Numérique, Santé en société.

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The Prophets (détail), Ibghy et Lemmens, artistes en résidence à l’Institut Santé Numérique en Société en 2025 grâce à une subvention du PEPR

Porteur du WP SaNSo : Emmanuel Didier, directeur de recherche CNRS, Centre Maurice Halbwachs (CMH, UMR8097, CNRS / EHESS / ENS-PSL / Inrae), emmanuel.didier@ens.fr 

 

Projet SAFEPAW - Societal Assets For E-healthcare Patient pAthWays (Déterminants sociétaux pour une e-santé à l’appui de parcours de soins du patient) 

Les populations des pays à hauts et moyens revenus sont aujourd’hui confrontées à une augmentation de la longévité, ce qui se traduit mécaniquement par une hausse du nombre de patients atteints de maladies chroniques à prendre en charge. Cette évolution impose un défi majeur : trouver un équilibre pertinent entre la maîtrise des dépenses hospitalières et l’amélioration de la qualité des soins de santé. Dans ce contexte, la santé numérique représente une opportunité considérable pour optimiser la gestion des systèmes de soins ainsi que les coûts associés, notamment par l’amélioration des parcours de soins des patients.

Pour répondre à cet enjeu, les coordonnateurs du projet proposent une approche interdisciplinaire et multidimensionnelle visant à étudier l’apport de la santé digitale et la manière dont les différents acteurs du système de santé peuvent s’en saisir. L’objectif principal de cette démarche est d’évaluer l’impact de l’intelligence artificielle et des outils d’aide à la décision dans les parcours de soins. Pour ce faire, ils envisagent d’adopter des perspectives biostatistique, informatique, mathématique, médicale, économique, juridique et éthique, en combinant plusieurs méthodes de recherche. Parmi celles-ci figurent des analyses économétriques utilisant des bases de données administratives et des cohortes, des études observationnelles, ainsi que des entretiens semi-dirigés avec les principaux acteurs concernés : les régulateurs, les professionnels de soins et les patients, groupes désignés sous l’acronyme RPH. Ces entretiens seront complétés par des groupes de discussion réunissant ces trois catégories d’acteurs, afin de mieux comprendre leurs besoins, attentes et freins.

Par ailleurs, l’équipe coordinatrice développe des approches de modélisation algorithmique a priori des parcours de soins des patients, suivies par des méthodes de recherche opérationnelle destinées à optimiser ces parcours en tenant compte des spécificités empiriques propres à chaque groupe d’acteurs. L’objectif est de faire évoluer ces travaux vers des systèmes matures d’aide à la décision, tant cliniques que non cliniques, basés sur des techniques d’optimisation discrète. Ces systèmes permettront non seulement de guider les acteurs à travers des algorithmes et des directives de soins fondées sur des preuves et adaptées à chaque patient, mais aussi d’améliorer la prise de décision organisationnelle et la gestion des ressources des structures de soins.

Les avancées actuelles portent sur un aspect central du travail des porteurs de projet qui consiste également à construire un langage interdisciplinaire, capable de surmonter les barrières terminologiques propres à chaque discipline, à commencer même par les différentes notions autour du terme de « parcours de soins »2. Sur le plan opérationnel, les porteurs appliquent cette démarche au parcours de soins relatif à la prothèse de hanche, ainsi qu’à l’étude des cas d’absence de recours aux soins, illustrée par l’exemple de l’accident vasculaire cérébral (AVC)3. Ils poursuivent également leurs travaux sur l’affectation optimale des soins hospitaliers à partir de l’exemple de la prothèse de hanche, tout en étudiant les inégalités territoriales dans le recours aux soins.

Voir le programme de la conférence  

Porteuse du projet SAFEPAW : Carine Milcent, directrice de recherche CNRS, Paris Jourdan Sciences Économiques (PJSE, UMR8545, CNRS / École des ponts / EHESS / ENS-PSL / Inrae / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), et professeur à l'École d'économie de Paris (PSE), carine.milcent@psemail.eu   

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Figure 1 : Schéma explicatif du processus itératif de co-construction

Notes

 

  1. À ce sujet, voir les publications suivantes : Pitrou P. 2024, Ce que les humains font avec la vie, PUF ; Bigg C., de Smet E., Vanhoutte K. (dir.) 2025, Voir sans limites. Sciences, techniques et esthétiques des origines, Éditions Mimésis.
  2. Guyet T., Calvier F-E, Le Meur N. 2024, Une Ontologie du Parcours de Soins, Journée IA et Santé 2024, https://inria.hal.science/hal-04953515/document

  3. Milcent C. 2024, The effect of patients' socioeconomic status in rehabilitation centers on the efficiency and performance, European Journal of Physical and Rehabilitation Medicine 60(6):919-928. doi: 10.23736/S1973-9087.24.08046-8

    Milcent C., Ramaroson H., Maury F., Binder-Foucard F., Moitry M., Moulin A-M. 2024, Stroke but no hospital admission: Lost opportunity for whom?, PLoS ONE 19(8): e0307220. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0307220

    Milcent C., Couralet P-E., Zbiri S., Tchalla A. 2025, Total hip arthroplasty, associated rehabilitation care and the COVID-19 pandemic in France, Frontiers in Health Services, 5:1564007. doi: 10.3389/frhs.2025.1564007