Les récentes avancées du Programme 13-Novembre (2016-2028)
Francis Eustache est directeur d’études émérite à l’EPHE au sein du laboratoire Neuropsychologie et imagerie de la mémoire humaine (NIMH, Inserm / EPHE-PSL / Université de Caen-Normandie), et membre de l’Académie nationale de médecine. Carine Klein-Peschanski est ingénieure de recherche CNRS. Denis Peschanski est directeur de recherche émérite au CNRS. Tous deux sont membres du Centre européen de sociologie et de science politique de la Sorbonne (CESSP, UMR8209, CNRS / EHESS / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Les trois coordonnent le Programme 13-Novembre dont l’objectif est d’étudier la construction et l’évolution de la mémoire après les attentats — en particulier l’articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective —, de mieux comprendre le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et d’améliorer la prise en charge des civils et intervenants professionnels.
Il y a bientôt dix ans, Alain Fuchs s’adressait à la communauté académique : « Je lance un appel à propositions sur tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles — sociales, techniques, numériques ».
Très vite, Francis Eustache, Carine Klein-Peschanski et Denis Peschanski lui ont adressé un courriel dans lequel ils présentaient le projet qu’ils étaient en train de mettre au point. Le projet a dû lui plaire ; à l’issue d’une longue rencontre le 5 janvier 2016, la décision était arrêtée : le CNRS serait le porteur scientifique, en lien avec l’Inserm et son président Yves Lévy, puisque la dimension biomédicale était également centrale. Le portage scientifique sera donc commun. Pour autant, la dimension de ce programme hors normes imposait un soutien au plus haut sommet de l’État. Le soutien du président de la République, François Hollande, fut immédiat. Le Programme 13-Novembre, avec sa trentaine de partenaires, fut donc présenté au Secrétariat général pour l’investissement (et entre aujourd’hui dans le cadre du plan d'investissement France 2030, ANR-10-EQPX-0021) qui assurerait la part la plus importante — mais loin d’être totale — du financement demandé. La coordination auprès de l’ANR était assurée dans un premier temps par HESAM Université, puis par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le soutien d’autant d’instances et de partenaires (pas moins de trente) n’aurait pas été possible si le dossier n’avait pas bénéficié d’une expérience déjà ancienne. La mise en œuvre de ce programme hors norme n’aurait pas été possible sans l’engagement de tous les personnels, chercheurs, ingénieurs et administratifs de toutes les institutions impliquées et des intermittents du spectacle, et sans le soutien constant des associations de victimes et la confiance des volontaires.
Le pari réussi de la transdisciplinarité
Le Programme prend comme objet non l’événement lui-même mais la mémoire de l’événement. Il trouve son origine à la fin des années 2000 à partir d'un postulat qui remet en question le cloisonnement disciplinaire : il est impossible de comprendre pleinement la mémoire collective si l’on ne prend pas en compte les dynamiques cérébrales de la mémoire, et inversement. La conclusion était évidente : les chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales se devaient de travailler avec les neuroscientifiques et cognitivistes et les informaticiens. Le pari fut relevé par des chercheurs de ces horizons différents et déboucha sur la sélection, par un jury international, du projet d’équipement d’excellence MATRICE. C’est dans ce cadre que furent développés des outils destinés à appréhender l’articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective, autant d’outils qui seront donc mobilisés quand fut décidé de lancer le Programme 13-Novembre.
Où en est-on de ce programme qui termine donc sa troisième phase, en attente de décision pour la quatrième et dernière ? Parlons d’abord chiffres. À l’issue des trois phases de captations audiovisuelles de témoignages, du plus proche au plus lointain des lieux de crimes, pas moins de 1 333 volontaires (pour 2 700 entretiens) ont été enregistrés, toujours avec le même questionnaire, grâce aux moyens mis à disposition par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD), soit environ 4 500 heures ! L’idée étant de faire une étude longitudinale, il était impératif de tout faire pour retrouver au maximum les mêmes personnes en 2016, 2018 et 2021. Défi improbable. Or, à chaque phase, près de 80 % des participants de la précédente session sont revenus. Le taux d’attrition est encore plus réduit pour ceux qui suivent en outre le protocole biomédical : ils sont ainsi 90 % à revenir. Pas moins de vingt-huit thèses ont été lancées à ce jour, dont quinze ont déjà été soutenues, en sociologie et science politique, en littérature et textométrie, en psychologie et neurosciences, en droit et en intelligence artificielle. On compte à ce jour quelque 150 publications scientifiques, articles et ouvrages.
L’Étude 1000
Évoquons ici quelques résultats.
L’Étude 1000 est consacrée au recueil, à la conservation et à l’analyse des témoignages de mille personnes touchées directement ou indirectement par les attentats. La répartition des volontaires se fait sur la base de leur proximité avec les événements ou les lieux des attentats, selon quatre cercles :
Cercle 1 : personnes directement exposées aux attentats ;
Cercle 2 : habitants et usagers non exposés des quartiers visés ;
Cercle 3 : habitants du reste de la métropole parisienne ;
Cercle 4 : habitants de Caen, Metz, Montpellier.
L’Étude a donné lieu à plusieurs publications visant à analyser le vocabulaire des volontaires interviewés.
Les coordonnateurs du logiciel TXM, Serge Heiden et Bénédicte Pincemin, tous deux membres de l’Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités (Ihrim, UMR5317, CNRS / ENS de Lyon / Université Clermont-Auvergne / Université Jean Monnet Saint-Etienne / Université Lumière Lyon 2 / Université Jean Moulin Lyon 3), y ont joué un rôle crucial. En effet, parmi les fonctionnalités de TXM, l’analyse factorielle des correspondances (AFC) permet de repérer les variables les plus discriminantes : en croisant les 934 témoins de la phase 1 avec les 300 mots les plus utilisés dans l’ensemble du corpus, elle donne des clés pour analyser un nuage à près de 300 dimensions ou, en d’autres termes, pour repérer quels sont les groupes qui s’opposent ou se rapprochent le plus par l’emploi de ces mots.
À titre d’exemple, les travaux dirigés par Charlotte Lacoste, enseignante-chercheuse au Centre de recherche sur les médiations (Crem, UR3476, Université de Lorraine), en délégation CNRS sur l’année 2024-2025, montrent que la variable la plus discriminante est celle qui différencie les cercles, du plus proche des lieux de crime (le cercle 1 des personnes exposées) jusqu'au plus éloigné (le cercle 4 formé par trois villes de province) ; ils soulignent aussi l’opposition singulière entre les mots des intervenants et ceux des rescapés, ou encore celle qui distancie les âges, sans oublier que les femmes n’utilisent pas, en proportion, les mêmes mots que les hommes pour répondre aux mêmes questions. Elle vient d'ailleurs de consacrer un livre à l'importance de la variable genrée dans ces témoignages (Voir encadré).
Pour compléter, l’analyse des spécificités permet de mettre en évidence les mots suremployés par les rescapés, les intervenants, les témoins, les endeuillés, tous du cercle 1, distingués pour l'occasion des cercles 2, 3 et 4. C’est l’objet des publications de Jean-François Orianne, professeur à l’université de Liège1. Le prochain défi est de mesurer les évolutions d’une phase à l’autre.
La mémoire collective en chiffres
Prendre en compte l’interaction avec ce qu’on appelle la mémoire collective, ou la mémoire sociale, était aussi essentiel. En l’occurrence, le travail avec le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) permet une telle réflexion dans la mesure où, pour la première fois, on peut suivre — sondages à l’appui — l’évolution de la mémoire dont on sait qu’elle naît au moment même de l’événement. En huit ans, entre l’été 2016 et l’été 2024, on dispose de huit sondages sur la mémoire du 13 novembre. Là, il ne s’agit plus de recueillir le témoignage de volontaires, mais de poser une série de questions à un échantillon représentatif de la population française selon la méthode des quotas.
Une fois encore les résultats sont très riches. Semble se produire une double condensation mémorielle dont on peut trouver des clés en sociologie, sans oublier un mécanisme qui vaut pour l’individu comme pour la société : la mémoire est économe ; elle retient ce qui lui suffit à résumer le sens donné à l’événement. Nous entendons par condensation mémorielle la réduction d'un événement à l'un de ses composantes.
Ainsi, à la question portant sur les actes terroristes qui les ont le plus marqués depuis l’an 2000, les répondants se concentrent principalement sur le 13 novembre, les attentats de janvier 2015 et le 11 septembre 2001. Or, même si les pourcentages baissent avec le temps, le 13 novembre reste bien en tête au cours de ces années écoulées, et même qu’une remontée spectaculaire est opérée à la suite du procès. On notera, à l’inverse, que l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 voit son score s’écrouler au fil du temps.
Deuxième exemple de condensation mémorielle : à la demande de citer les lieux du 13-Novembre, en juillet 2016, les réponses sont diversifiées. Certes, est cité en premier et largement le Bataclan, mais le Stade de France et les Terrasses se trouvent encore à un haut niveau. Deux ans plus tard, la référence au Stade et aux Terrasses s’effondre. L’impact sur les rescapés et sur les endeuillés de ces lieux est remarquable : non seulement ils ont vécu ce qu’ils ont vécu, mais ils ont parfaitement conscience qu’on tend à les oublier. Et ce n’est pas sans conséquence sur les pathologies qu’ils peuvent développer. Une double peine en quelque sorte, qui se retrouve également à Nice.
Plusieurs variables semblent jouer un rôle crucial dans cette mémoire : le niveau de revenu et de diplôme, l’auto-positionnement politique, le genre, ou encore le contraste entre le souvenir flash (les conditions dans lesquelles on a appris l’événement) et la mémoire de l’événement lui-même. Avec, là encore, des évolutions peu repérées jusque-là. On sait ainsi qu'on a une bien meilleure mémoire des conditions dans lesquelles on a vécu un événement traumatique, même à distance, que des événements eux-mêmes. Mais même ce souvenir flash évolue : plus de 90 % des Français disent se souvenir parfaitement des conditions dans lesquelles ils ont appris le 13-Novembre, mais on note qu'après quelques années, l'un des variables décroche à environ 65 % — à savoir avec qui l’on en a parlé la première fois —, et qu'après deux ou trois ans encore, les autres indicateurs fléchissent à leur tour, ce qui était peu documenté jusque-là.
Comment le grand récit dominant qui se construit dans la société influe-t-il sur la mémoire individuelle ?
Comprendre le Trouble de stress post-traumatique
Dans une contribution émanant de l’équipex MATRICE, le neuroscientifique Pierre Gagnepain a montré le cheminement de la mémoire collective vers la mémoire individuelle. C’est lui encore qui a mis en place, avec le psychiatre Jacques Dayan et Francis Eustache, le protocole médical REMEMBER, l’équipe partant du constat, connu, que le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) était une pathologie de la mémoire qui pouvait notamment se traduire par la survenue d’images intrusives2.
Reconstituer ces images intrusives sans qu’elles soient traumatiques constituait évidemment l’enjeu essentiel. Il s’agissait d’observer les réactions du cerveau, et singulièrement l’hippocampe, cette structure cérébrale qui joue un rôle central dans la mémoire. Le protocole qui a servi de modèle (Think No Think) a été mis au point en Angleterre par Mickaël Anderson et développé à Caen par Pierre Gagnepain.
L’accent peut être mis ici sur l’existence de trois groupes, et non deux comme classiquement : un groupe contrôle (non exposé) et le groupe des personnes exposées aux attentats qui se divisait en deux, d’un côté celles présentant un TSPT, de l’autre celles n’en présentant plus alors qu’elles avaient été confrontées aux attentats.
Dans le cadre des 10 ans post-attentats
Ouvrages
- Brun C. (dir.) 2025, Abécédaire du 13 novembre. La terreur en toutes lettres, Hermann.
- Eustache F., Hoibian S., Klein-Peschanski C., Müller J., Peschanski D. 2025, Faire face. Les Français et les attentats terroristes du 13 novembre 2015, Flammarion.
- Lacoste C. 2025, La charge mémorielle. Une approche genrée de la mémoire du 13-Novembre, préface de Véronique Nahoum-Grappe, Hermann.
Revues
- « 2015 – Récits et fictions du terrorisme », Textes réunis par Alexandre Gefen avec la collaboration du Programme 13-Novembre, Revue des Sciences Humaines, n°359, 3/2025. Avec les contributions de : Alexandre Gefen, Denis Peschanski, Christophe Corbin, Marie Chagnoux, Aurélien Berset, Pierre Katzarov, Alix Choinet, Charlotte Lacoste, isa Romain, Stéphane Hirschi, Michael Rinn, Ève Morisi, Henriette Korthals Altes, Mounira Chatti, Christine Baron, Ingrid Folkvord, Jean Lassègue, Lucie Da Costa Silva, Lucie Quibeuf, Francis Eustache, Peggy Quinette.
- « Les mémoires du 13 novembre. Le Programme 13-Novembre étudie, sur un temps long, les mémoires collectives des attentats du 13 novembre 2015 », par Francis Eustache, neuropsychologue et Denis Peschanski, historien, illustrations Benjamin van Blancke, Hors-Série la Revue L’Éléphant, pp 46 - 59, octobre 2025.
Valorisation sciences/société
Exposition « 13 novembre 2015 : que dit la science des attentats ? », du 23 septembre 2025 au 22 mars 2026, Cité des sciences et de l’industrie, Paris. Proposition illustration : Affiche format court ou avec « générique »
Une édition spéciale de Science Actualités : Après les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015, à l’initiative du CNRS, des chercheurs en sciences humaines et sociales se sont mobilisés. Quelles études ont été réalisées ? Quels savoirs ces études ont-elles produits ? Affiche + lien vers vidéo : https://leblob.fr/
« Après le 13 novembre, mémoire et science en partage », un film documentaire de 20 minutes réalisé par Upian avec des témoignages de scientifiques, victimes et membres d’associations.
« Attentats 2015 : quels effets sur l’individu et sur la société ? » : conférence inaugurale du 23 septembre 2025.
« 13 novembre, nos vies en éclats », un film documentaire de 90 minutes réalisé par l’INA pour France Télévisions. Diffusion le 3 novembre à 23h20 sur France 2 et le 14 novembre à 14h40 sur France 5.
Cette étude a donné lieu à un article publié dans Science en 2020 qui montrait les différences flagrantes obtenues sous scanner (imagerie cérébrale). La nouveauté, mise en évidence dans un article récent3, réside dans le fait qu’on a pu retrouver pratiquement ces mêmes différences deux ans plus tard. Mais aux trois groupes précédemment identifiés s’en est ajouté un quatrième : les personnes exposées présentant un TSPT en phase 1, mais devenues résilientes en phase 2. Pierre Gagnepain et Giovanni Leone les appellent les rémittents. Or, ces rémittents ont retrouvé les mécanismes inhibiteurs des images intrusives depuis la tour de contrôle cognitive que constitue le cortex préfrontal, alors que tel n’est pas le cas de ceux qui présentent toujours un TSPT. En outre, qu’en est-il de la volumétrie hippocampique, dont on avait constaté en phase 1 qu’elle était moindre pour le seul groupe TSPT à la différence des deux autres ? Alors que les volontaires toujours TSPT montraient une nouvelle baisse de la volumétrie, celle des rémittents tendait, a minima, à se stabiliser, voire esquissait une remontée progressive — phénomène qui reste néanmoins à confirmer. Au-delà des résultats scientifiques, on imagine l’impact possible sur ceux qui sont en difficulté. Cela pourrait vouloir dire que, s’ils guérissent de leur TSPT, qu'ils ne croient pas, a priori, que « tout est fichu ! », la plasticité cérébrale fait son œuvre.
De son côté, l’Enquête de santé publique post-attentats (ESPA), lancée avec Santé publique France, a permis de traiter le versant épidémiologique du TSPT, en mesurant l'ampleur de ce TSPT suivant le type d'exposition. Dans les derniers travaux, bientôt soumis, une avancée très importante a été rendue possible par l’accès aux ordonnances entre 2010 et 2025, via le Système national des données de santé, avec évidemment l’autorisation des participants et dans le respect d’un strict anonymat. On imagine sans peine l'intérêt de disposer de données médicales précises en amont et en aval du choc traumatique des attentats.
D’autres pistes ont été lancées comme l’étude du neurotransmetteur Gaba. Il s’agit, en quelque sorte, de descendre au niveau de la molécule. On en attend des résultats l’an prochain. En parallèle, il était crucial de réfléchir aux interfaces : comment expliquer, en effet, que des personnes qui ont connu exactement la même expérience traumatique, qui ne se connaissaient pas, présentent, un an plus tard à Caen, un profil opposé : l’une a un TSPT, pas l’autre ? La biologie et la génétique ne suffisent pas à expliquer ces différences. D’autres facteurs peuvent être avancés : environnement sécurisant (stabilité familiale et professionnelle), projection dans l'avenir, etc. Tel est l’objet de recherches menées par des psychologues, au carrefour avec les sciences humaines et sociales. Enfin, à propos de la perception du futur, ce sont moins les différences qui sont mises en évidence que les rapprochements. En effet, un article récent4 a montré que tous les exposés, TSPT ou résilients, partageaient une grande difficulté à se projeter dans l’avenir.
Une même hybridation était à l’œuvre pour ceux qui, croisant l’Étude 1000 et REMEMBER, ont recherché des marqueurs linguistiques du TSPT. Cette démarche impliquait une modélisation mathématique complexe qui permette de construire un modèle à partir des témoignages recueillis. Or le résultat est remarquable : Robin Quillivic5, chercheur spécialisé en intelligence artificielle, et ses collègues ont pu repérer un certain nombre de marqueurs communs, offrant ainsi une forme d’aide au diagnostic. L’hybridation est encore de mise dans l’étude qui vient de se lancer sur la transmission, CARE 13/11 (Résilience cognitive et affective chez l'enfant après les événements du 13 novembre 2015), qui porte donc sur les enfants des victimes, rescapées ou décédées, et singulièrement sur les mécanismes de résilience.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur les récentes avancées du Programme 13-Novembre qui s’avère une première mondiale, même si tel n’était pas, initialement, l’objectif poursuivi. Ce sont bien des nouvelles sciences de la mémoire qui émergent. Celles-ci s’appuient sur quatre piliers : la dialectique entre mémoire individuelle et mémoire collective ; la transdisciplinarité comme construction en commun de l’objet de recherche ; la modélisation mathématique pour traiter de vastes masses de données, en outre hétérogènes ; la complexité en ce que la compréhension d’un phénomène dans sa globalité n’est pas la simple addition des compréhensions de chacune de ses composantes.
Quelques références bibliographiques
- Lacoste C., Pincemin B., Heiden S., Klein-Peschanski C., Peschanski D., Eustache F. 2024, Les mots du 13 novembre. Une première approche textométrique de l’Étude 1000 (1) ; La mémoire collective à l'épreuve de la textométrie (2), Questions de communication, n°45. & n°46, 22 p. https://shs.cairn.info/revue-questions-de-communication-2024-2-page-277?lang=fr&tab=auteurs
- Leone G., Casanave H., Postel C., Fraisse F., Vallée T., de la Sayette V., Dayan, J., Peschanski D., Eustache F., Gagnepain P. 2025, Plasticity of human resilience mechanisms, Science Advances. DOI: 10.1126/sciadv.adq8336
- Pirard P., Motreff Y., Eilin Stene L., Rabet G., Vuillermoz C., Vendentorren S., Baubet T., Messiah A. 2023, Initiation of multiple-session psychological care in civilian exposed to the Novembre 2015 Paris terrorist attacks, Archives of Public Health. https://doi.org/10.1186/s13690-023-01206-z
- Fierdepied S., Pirard P., Motreff Y., Baubet T. 2024, Étude longitudinale des changements éprouvés par les civils exposés aux attentats de novembres 2015 à Paris, Annales Medico-psychologiques.
- Quillivic R., Gayraud F., Auxéméry Y., Vanni L., Peschanski D., Eustache F., Dayan J., Mesmoudi S. 2024, Interdisciplinary approach to identify language markers for post-traumatic stress disorder using machine learning and deep learning, Scientific Reports 14, 12468. https://doi.org/10.1038/s41598-024-61557-7
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Notes
- Orianne J.-F., Heiden S., Klein-Peschanski C., Eustache F., Peschanski D. 2024, Collective memories and social roles: the case of the Paris terrorist attacks of 13-November 2015, Frontiers in sociology, Volume 9. https://doi.org/10.3389/fsoc.2024.1388380
Orianne J.-F., Peschanski D., Hoibian S., Müller J., Guillery B., Eustache F. 2025, The Process of Memory Semantization as the result of Interactions between Individual, Collective, and Social Memories, Cortex, vol.183: 1- 14. https://doi.org/10.1016/j.cortex.2024.11.001 - Voir à ce sujet : Gagnepain P., Vallée T., Heiden S., Decorde M., Gauvain J-L., Laurent A., Klein Peschanski C., Viader F., Peschanski D., Eustache F. 2019, Collective memory shapes the organization of individual memories in the medial prefrontal cortex, Nature Human Behaviour. https://www.nature.com/articles/s41562-019-0779-z
- Leone G., Casanave H., Postel C., Fraissse F., Vallée T., de La Sayette V., Dayan, J., Peschanski D., Eustache F., Gagnepain P. 2025, Plasticity of human resilience mechanisms, Science Advances. https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adq8336
- Charretier L., Laisney M., Dayan J., Fraisse F., Peschanski D., De La Sayette V., Gagnepain P., Eustache F., Quinette, P. 2025, When the future escapes: study of the sens of control in predictions about the future over time after exposure to a traumatic event, The British Journal of Psychiatry, (1-6). doi: 10.1192/bjp.2024.297
- Robin Quillivic était doctorant au Centre européen de sociologie et de science politique de 2021 à 2024 ; il est désormais post-doctorant contractuel sur le projet de prématuration TALANT (coresponsables scientifiques : Frédérique Gayraud et Salma Mesmoudi).