Prendre au sérieux les enjeux de la transition climatique et environnementale de la recherche

La Lettre Autres

#NOUVELLES DE L'INSTITUT

Comment faire face aux impératifs de transition socio-écologique dans le monde de la recherche en sciences humaines et sociales ? Le CNRS se mobilise pour accompagner les changements de pratiques « de » et « dans » la recherche conduite au sein des laboratoires. À la suite d’un premier bilan des émissions de gaz à effet de serre réalisé en 2019, d’un premier Plan de transition bas-carbone (2022), de l’avis du COMETS N°22/43 intitulé « Intégrer les enjeux environnementaux à la conduite de la recherche, une responsabilité éthique », le CNRS a adopté en février 2025 son Schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale (2025-2027). Ce document entre en écho avec l’adoption du Contrat d’objectifs, de moyens et de performance qui affirme l’ambition scientifique de l’établissement notamment à travers un nouveau défi transverse dédié aux sociétés en transitions. 

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En dialogue avec le pôle Transition environnementale du CNRS1 et les autres référents Transition en instituts, Sandrine Maljean-Dubois, directrice adjointe scientifique, et Marion Lemoine-Schonne, chargée de recherche CNRS et déléguée scientifique pour la transition climatique et environnementale, vont s’attacher à la mise en œuvre de ses engagements en sciences humaines et sociales. 

L’action a été initiée par le lancement d’une enquête nationale, pour identifier les démarches en cours et les besoins des unités. L’objectif était aussi de recenser les référentes Transition environnementale des laboratoires (une référente doit en effet être nommée par chaque direction d’unité2). CNRS Sciences humaines & sociales va pouvoir désormais s’appuyer sur les résultats de cette enquête pour accompagner au mieux les unités dans ces démarches. Cinquante unités ont renseigné le sondage pour l’instant, qui demeure ouvert3.

L’enquête a été adressée aux référentes Transition environnementale des unités et, à défaut de référente identifiée, aux directions d’unités. En effet, sur les 312 unités de CNRS Sciences humaines & sociales, seules 120 ont nommé des référentes et, parmi les répondants, seuls 24 % ont reçu une lettre de mission. Souvent, les laboratoires débutent par un état des lieux chiffré, qui permet de donner des ordres de grandeurs ; 37 bilans de gaz à effet de serre (GES) ont ainsi été réalisés depuis 2018 dans les laboratoires SHS. Ce bilan des GES (BGES), qui peut être effectué de manière pluriannuelle, permet de mesurer l’empreinte carbone du laboratoire, et de définir des stratégies collectives de réduction de cet impact. L’enquête montre ainsi que quarante-et-une unités ont adopté des mesures de transition, une charte ou un plan d’actions. Rares sont les unités qui réalisent un suivi de ces mesures.

Les actions mises en place sont d’abord consacrées à des campagnes de sensibilisation aux enjeux écologiques des membres de l’unité (trente laboratoires), qu’il s’agisse de campagnes d’affichage, ou de campagnes de formation par le biais d’ateliers comme la Fresque du climatla Fresque des frontières planétairesl’Atelier 2tonnes ou encore Ma terre en 180 minutes. Vingt-huit laboratoires réalisent également un travail de communication interne régulière pour expliquer et promouvoir les mesures vis-à-vis des membres du laboratoire, ainsi qu’en articulation avec les partenaires universitaires (douze laboratoires). Un nombre important de mesures prises sont liées aux missions (dix-neuf laboratoires), essentiellement pour réduire les voyages en avion, et aux traiteurs (dix-neuf laboratoires) pour la réduction du plastique, de l’empreinte carbone des aliments. Dix laboratoires ont pris des mesures concernant les déplacements domicile-travail. 

L’enquête met également en évidence un besoin d’accompagnement pratique sur la réalisation des BGES. Il est à noter de ce point de vue que les délégations régionales peuvent souvent accompagner utilement les laboratoires sur ce point, notamment sur les données qui concernent les bâtiments et les flux d’énergie. Les répondants expriment aussi une attente de mise en réseau et d’échange de bonnes pratiques entre unités, ainsi qu’une demande de supports de communication à des fins de sensibilisation au sein des unités. Les référentes et directeurs/directrices d’unités qui ont répondu à l’enquête recherchent enfin un appui à la valorisation de leur mission. Sur ce point, l’édiction de la lettre de mission est importante.

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Quelques animateurs et animatrices formés via le projet « Décarbonons ! » ont animé des fresques du climat et des ateliers « Ma Terre en 180 minutes » lors de la Semaine du développement durable organisée à la délégation régionale Paris Normandie du CNRS © CNRS, 2023

Pour prendre à bras le corps ces questions parfois sensibles, dont il est indispensable de débattre, pour avancer dans un contexte d’aggravation des crises environnementales, et répondre aux aspirations profondes d’une partie des personnels, il s’agit d’aborder ces questions de manière pragmatique, en créant des espaces de discussion, au plus près des besoins et des priorités de chaque unité.

Dans ce contexte, la feuille de route de l’institut durant l’année à venir est articulée autour de trois axes :

  1. l’animation du réseau des référentes Transition en unités SHS. Une première matinée, en ligne, sera organisée le 23 septembre prochain, à laquelle toutes les référentes actuelles, mais aussi tous les référentes qui seraient nommées dans les semaines qui viennent pourront participer. Ce réseau pourra donner lieu à des réflexions et actions au plus près des besoins, à travers la constitution de groupes de travail composés des référentes particulièrement intéressées par les BGES, la rédaction de chartes, les enjeux liés aux missions, aux traiteurs ou plus généralement aux achats. Le réseau permettra aussi d’échanger sur la manière de « mettre en œuvre, suivre, réviser » les mesures adoptées ;

  2. l’organisation de temps d’échange à l’occasion des journées des nouveaux entrants, des CR+3 et CR+7, et lors de la prochaine journée des directions d’unité ;

  3. une réflexion sur la formation des référentes en unités en lien avec le réseau national Transition environnementale, lequel a pour but d’accompagner l’ensemble des référents en unités de tous les instituts (800 à ce jour).

Sandrine Maljean Dubois, directrice adjointe scientifique, CNRS Sciences humaines & sociales ; Marion Lemoine-Schonne, chargée de recherche CNRS à l’Institut de l’Ouest : Droit et Europe (IODE), déléguée scientifique Transition climatique et environnementale à CNRS Sciences humaines & sociales

Contact

Sandrine Maljean-Dubois
Directrice adjointe scientifique
Marion Lemoine-Schonne
Chargée de recherche CNRS à l’Institut de l’Ouest : Droit et Europe (IODE), Déléguée scientifique Transition climatique et environnementale à CNRS Sciences humaines & sociales

Notes

 

  1. Attaché à la Mission transverse d’appui au pilotage.

  2. Nous mettons à votre disposition un modèle de lettre.

  3. Il peut être renseigné par les référentes Transition environnementale ou les directeurs/directrices d’unités.