Les camps de la pauvreté. Migrations internes forcées des Kurdes de Turquie (1990-2000)

Du
au
Humathèque Condorcet – Interface – Espace Françoise Héritier – 10 cours des humanités, 93300 Aubervilliers (Métro ligne 12 Front Populaire - sortie 2 Waldeck Rochet)

Cette exposition invite à réfléchir aux migrations forcées à travers le cas des populations kurdes déplacées en Turquie dans les années 1990.

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Cinquante photographies prises en mars 1998, dans la province d’Edirne, au nord-ouest de la Turquie, documentent le quotidien d’un groupe kurde vivant toute l’année sous des tentes. Elles racontent comment ces hommes et ces femmes ont vu leur quotidien bouleversé et sont devenus, malgré eux, des nomades.

Ils étaient tous des paysans sédentaires du département de Mardin (sud-est anatolien), qui disposaient au village d’une situation plus ou moins aisée. Ils ont dû quitter précipitamment leurs villages sur ordre des militaires turcs à la fin de l’année 1993 et au début de 1994.

L’absence de réseaux de connaissances ainsi que la cherté des locations en ville les ont poussés à vivre sous des tentes, une forme d’habitat précaire qu’ils n’avaient jamais expérimenté auparavant. Ils se déplacent au gré des opportunités de travail sur l’ensemble du territoire turc. Leur force de travail nombreuse et bon marché est tout particulièrement recherchée dans le secteur agricole. Comme au village, ils travaillent collectivement et mettent à contribution leurs enfants.

Les récits, recueillis par Fadime Deli, associés aux images, réalisés par Danilo De Marco, révèlent cette histoire singulière.

L’exposition sera accompagnée d’un cycle de conférences consacré aux migrations internes forcées et la vie dans les camps. Les études de cas montrent que les déplacements contraints ne constituent pas un phénomène temporaire, mais engendrent une marginalisation durable : perte de la terre, rupture avec le mode de vie traditionnel, déscolarisation, précarité économique et exclusion sociale.

 

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