La Nature de la modernité
Quand on invoque la « fin du grand partage » entre nature et culture, on en vient souvent à assimiler ses deux principaux inspirateurs, Bruno Latour et Philippe Descola.
Or, si ces deux anthropologues ont en effet battu en brèche une telle distinction, ils l’ont fait selon des modalités tout à fait distinctes, pour ne pas dire opposées. Latour affirme ainsi que « nous n’avons jamais été modernes », au sens où nous n’aurions jamais vécu dans un monde séparant effectivement la nature et la culture ; Descola, quant à lui, relativise ce grand partage bien plus qu’il ne le dissout, et réaffirme sa prégnance dans l’ontologie moderne – qu’il appelle « naturalisme » – en la comparant avec celles des peuples étudiés par l’ethnologie. Ce livre se propose de reconstruire, pour la première fois de manière systématique, les tenants et les aboutissants de ce débat encore méconnu dans la pensée écologique.
À propos de l'auteur
Valentin Denis est doctorant au sein du laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités (LIER-FYT). Ses recherches se situent au croisement de la philosophie des sciences sociales et de la philosophie des techniques.