Camille RouxpetelMondes anciens et médiévaux
Orient et Méditerranée, équipe Monde byzantin, CNRS / Collège de France
Camille Rouxpetel est médiéviste et spécialiste des interrelations entre les chrétientés et entre les chrétientés et les pouvoirs islamiques au Proche-Orient à la fin du Moyen Âge. Après une thèse consacrée aux représentations des chrétiens d’Orient dans les sources occidentales du xiie au xve siècle, plusieurs voyages à Jérusalem et au Caire, et la découverte d’archives inédites — réputées inaccessibles — conservées par la custodie franciscaine et les patriarcats grec, arménien et copte, l’ont conduite à passer des représentations à la réalité et à s’intéresser aux interrelations constantes qui sous-tendent la complexité de sociétés proche-orientales intrinsèquement diverses. Ancienne membre scientifique de l’École française de Rome et de la Villa I Tatti (The Harvard University Center for Italian Renaissance Studies), elle a notamment publié à Rome, en 2015, L’Occident au miroir de l’Orient chrétien. Cilicie, Syrie, Palestine et Égypte (xiie- xive siècle), EFR, BEFAR 369.
ChrIs-cross - L’entrelacs des chrétientés à Jérusalem et au Proche-Orient : une histoire transversale, par le bas (xiie-xvie siècle)
ChrIs-cross a pour objet l’étude des christianismes à Jérusalem et au Proche-Orient du xiie au xvie siècle, dans un contexte marqué par la succession de quatre pouvoirs, croisé, ayyoubide, mamelouk et ottoman. Cette période clef marque le passage d’une population majoritairement chrétienne à une population majoritairement musulmane.
Le projet part de l’hypothèse que les relations entre chrétiens et entre chrétiens et musulmans se caractérisaient avant tout par la fluidité des échanges, sans exclure des moments de tension, et par une intégration pleine et entière des chrétiens au monde islamique proche-oriental. Une équipe multidisciplinaire et polyglotte étudie des archives inédites et jusqu'à présent inaccessibles, celles des patriarcats de Jérusalem et du Caire, ainsi que les colophons de manuscrits arabes, arméniens, coptes, éthiopiens, géorgiens, grecs et syriaques.
Le projet a trois objectifs principaux : remédier à la fragmentation actuelle de l’historiographie, en partant des interrelations entre les différents groupes et non de leur histoire interne ; resituer l’histoire des chrétientés comme faisant partie intégrante de l’histoire des sociétés islamiques ; participer à une désorientalisation des études sur les chrétiens, y compris les Latins, en les étudiant depuis leur contexte proche-oriental.
Mots clefs : Histoire, Proche-Orient, Jérusalem, chrétiens, chrétiens-musulmans