Cathy Blanc-ReibelMettre les femmes en lumière
Cathy Blanc-Reibel est ingénieure d’études en analyses des sources historiques et culturelles au sein du Laboratoire interdisciplinaire en études culturelles (LinCS, CNRS / Université de Strasbourg). Spécialiste de l’histoire de la Neustadt de Strasbourg — l’extension urbaine planifiée et construite lors de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne entre 1871 et 1918 — elle occupe également la fonction de correspondante pour l’égalité professionnelle auprès de la délégation Alsace du CNRS et au sein de son laboratoire. Dans le cadre de son travail, Cathy Blanc-Reibel œuvre pour la reconnaissance et la visibilisation des femmes. Des ouvrières aux scientifiques effacées, ses recherches mobilisent des sources inédites et mettent en lumière les contributions féminines aux mondes du travail et de la recherche. Ses travaux essentiels en faveur de l’identification des figures féminines oubliées et pour la lutte contre l’effacement des femmes de l’histoire du travail et des sciences sont récompensés par la médaille de cristal du CNRS 2026.
Cathy Blanc-Reibel a un parcours plutôt atypique. Elle fait ses premiers pas au sein du CNRS en 1995, au sein du service financier et comptable. Puis, elle enchaîne les contrats, avant d’occuper le poste de gestionnaire administrative au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe, qui deviendra ensuite DynamE, puis LinCS. « À 26 ans, j’ai fait le choix de reprendre mes études, et je me suis lancée dans une licence, puis un master en histoire de l’art », précise-t-elle. Puis, en 2012, en parallèle de son travail de gestionnaire administrative, elle commence une thèse portant sur la transmission, l’appropriation et la mise en valeur du patrimoine de la Neustadt de Strasbourg, qu’elle soutient en 2018. « À travers mon travail, j’essaie de faire converger les questions de patrimoine et la mise en valeur du parcours des femmes », souligne Cathy Blanc-Reibel. En 2024, elle a notamment co-réalisé avec Frank Schwartz, chercheur au service de l'Inventaire de la Région Grand Est, et Eric Hartweg, directeur de la société publique locale d’aménagement urbain Deux-Rives, un ouvrage dédié à l’Union des Coopérateurs d’Alsace (Coop Alsace), une entreprise coopérative de distribution fondée en 1902 à Strasbourg. « Les femmes y occupaient une place importante : c’est généralement elles qui tenaient les boutiques par exemple », indique Cathy Blanc-Reibel. Dans le cadre de ses travaux, l’ingénieure d’études s’appuie sur les archives institutionnelles, notamment celles de la ville de Strasbourg et de la communauté européenne d’Alsace. Mais elle sort aussi volontiers des sentiers battus : « il ne faut pas hésiter à toquer à toutes les portes, afin d’identifier des documents précieux qui peuvent se trouver dans les archives privées ».
Cathy Blanc-Reibel s’est lancé un nouvel objectif : réaliser un ouvrage dédié à la chimiste française Marguerite Perey, qui fut notamment l’assistante de Marie Curie entre 1929 et 1934. « Son nom sera bientôt inscrit sur la Tour Eiffel. Mais le travail de mémoire doit aller au-delà : il faut que les gens sachent qui elle était », assure-t-elle. Déjà récompensée par l’association des Amis du Vieux Strasbourg pour ses travaux de thèse, et par l’Académie d’Alsace des sciences des lettres et des arts pour son ouvrage sur la Coop d’Alsace, la voilà désormais lauréate de la médaille de cristal du CNRS.