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Lionel MaurelEngagé pour la science ouverte

Médaille de cristal du CNRS

Lionel Maurel est directeur adjoint scientifique au sein de CNRS Sciences humaines & sociales depuis 2017. Sa mission ? Mettre en œuvre et déployer la politique de science ouverte et le suivi de l’édition scientifique au sein de l’institut, en s’appuyant notamment sur sa connaissance pointue du droit du numérique et des questions des propriété intellectuelle. Ce juriste de formation a notamment contribué à l’évolution du dispositif de soutien aux revues de sciences humaines et sociales afin de faciliter l’accès aux résultats et aux données pour les scientifiques, mais aussi en faveur du grand public. Il est également chargé du suivi du réseau des Maisons des Sciences Sociales et des Humanités. Son engagement au service de la science ouverte au CNRS est récompensé par la médaille de cristal 2025.       

Lionel Maurel a un parcours plutôt atypique. Diplômé de Sciences Po Toulouse en 1998, il s’oriente ensuite vers des études de droit. Puis il intègre l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques afin de devenir conservateur des bibliothèques. « J’ai exercé ce métier pendant presque quinze ans », confie-t-il. Peu à peu, il se spécialise dans les questions de propriété intellectuelle, de droit du numérique et des données. En 2009, il lance un blog, S.I.Lex, à travers lequel il partage son expertise et s’engage en faveur de l’ouverture des données et du partage de la connaissance : « Cela m’a permis de faire entendre une voix un peu différente sur ces questions ». En 2017, il est repéré par le CNRS. L’institution souhaite recruter des acteurs qui l’aideront à mettre en place le nouveau plan national pour la science ouverte qui vient d’être adopté.

« La subtilité, c’est de parvenir à concilier le partage et la diffusion des données avec la protection des données personnelles, particulièrement sensibles dans le domaine de la recherche en sciences humaines et sociales ».

« Ce qui m’a convaincu de venir au CNRS, c’est la possibilité de bénéficier de leviers d’action concrets. Je ne voulais pas d’un rôle symbolique, je souhaitais être acteur d’un réel changement », souligne Lionel Maurel. L’un de ses principaux chantiers a été de conduire la politique de soutien aux publications scientifiques déployée par l’institut et de favoriser l’ouverture des données et des résultats de recherche en sciences humaines et sociales. 

« Nous avons mis sur pied un ensemble d’observatoires en sciences humaines et sociales qui vont nous permettre de collecter des données sur des temps longs ».

« Il a néanmoins fallu faire évoluer beaucoup de pratiques, reconnaît-il. Ces changements se sont donc opérés sur des temps longs ». Mais pour réussir ce tournant vers la science ouverte, il a également été nécessaire de fortifier les infrastructures chargées d’accueillir ces données. « En France, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des acteurs nationaux solides comme les infrastructures Huma-Num, Progedo, OpenEdition ou encore la plateforme HAL, souligne Lionel Maurel. L’un des rôles du CNRS est donc d’être le principal pilier institutionnel de ces infrastructures ». Cette évolution des pratiques n’est pas seulement un atout pour le monde de la recherche. Cela bénéficie aussi au grand public : « Dans le domaine des sciences humaines et sociales, une large part de nos productions peuvent être lues au-delà du champ strictement académique. Ouvrir ces accès aux résultats scientifiques permet donc d’accroître la visibilité et la diffusion des connaissances », se réjouit Lionel Maurel.