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Véronique DecaixPhilosophie médiévale

Médaille de bronze du CNRS

Maîtresse de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Véronique Decaix est rattachée au Groupe de recherche Antiquité, Moyen âge et transmission arabe (centre Gramata), au sein du laboratoire Sciences, philosophie, histoire (SPHERE, CNRS / Université Paris Cité) . Alliant l’interprétation historique à la philosophie de l’esprit, elle défriche un domaine encore assez peu exploré, celui de la philosophie médiévale, et s’intéresse en particulier aux actes de perception chez des commentateurs médiévaux d’Aristote. Ses recherches portent sur les thématiques de la perception, dans un corpus pour l’essentiel inédit, datant des xiiie-xive siècles, les Parva Naturalia. Membre junior de l’Institut universitaire de France entre 2020 et 2025, elle y porte un projet de recherche autour de la mémoire, thématique qui concentre aujourd’hui l’essentiel de ses travaux.

Recrutée en 2015 en tant que maîtresse de conférences en histoire de la philosophie médiévale à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Véronique Decaix est rattachée au centre Gramata, au sein du laboratoire SPHERE.

« J’arpente un continent qui reste à explorer : celui de la philosophie médiévale. »

À sa disposition : un vaste matériau textuel encore peu étudié, d’auteurs moins connus, parfois même anonymes. « J’y suis d’abord arrivée par l’étude de la notion de l’intentionnalité chez les phénoménologues allemands — Husserl, Meinong — qui puisent leurs interrogations contemporaines à ces sources. » Elle est l’autrice d’une monographie reconnue sur Dietrich de Freiberg. « Je discute notamment de son interprétation en tant que précurseur de l’idéalisme transcendantal de Kant. »

Depuis sa thèse, centrée sur la notion d’intellect, elle se tourne vers d’autres thèmes. Sensation, mémoire, rêve, mouvement volontaire, sommeil… : « J’opère ces dernières années un déplacement vers les actes de perception au sens large, en tant que phénomènes mentaux, post-sensoriels. »

Les Parva Naturalia forment le point de départ de ses dernières recherches : « Les Petits traités d’histoire naturelle d’Aristote sont une compilation de textes portant sur des questions psycho-physiologiques. La manière dont ils vont être progressivement rassemblés en un corpus, au xiiie siècle, m’intéresse particulièrement. » D’abord intéressée par les commentaires latins du traité sur La Mémoire et la réminiscence, Véronique Decaix élargit depuis ses explorations à d’autres thématiques.

« Dans mes travaux, je m’efforce d’allier deux exigences : une approche conceptuelle, avec une attention portée aux thèses, aux idées, ainsi qu’aux réseaux problématiques ; et un travail historique, par l’étude du texte, de sa transmission, de sa traduction, ainsi que de son contexte de diffusion et sa réception. »

Son travail s’inscrit aussi dans une dimension internationale, avec des séjours de recherche à la Humboldt-Universität zu Berlin, à Göteborg, à l’École française de Rome ou encore à la Maison française d’Oxford, et plus récemment au Brésil, dans le cadre d’un projet Capes-Cofecub sur « La science médiévale ».

« Je suis heureuse de la réception de cette distinction, qui valorise un domaine que nous sommes peu à explorer. Il s’agit aussi, à titre personnel, d’un encouragement à poursuivre dans cette voie. »