Pieter Bruegel : le tableau ou la sphère infinie
Pour une réforme théologico-politique de l’entendement
Arts et littérature
Publication
septembre 2019
Appartenance
Institut d'Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités (IHRIM)
Éditeur
Editions Vrin
Ce que Bruegel peint, ce que la peinture pense, tel est l’objet du livre.
L’œuvre de Bruegel nous convie à aller de la plus grande gratuité du rire et du jeu à la plus sérieuse des méditations philosophiques que le jeu pictural de la forme et de la couleur puisse envelopper. Avec le corps de la multitude des enfants-qui-jouent, des paysans-qui-dansent, de ses monstres grimaçants et souriants … avec le corps de la peinture comme avec notre propre corps affecté par la force majeure de ses créations, le peintre invite l’observateur à une singulière expérimentation : celle d’une puissante participation à une réalité totale, surabondante et lumineuse, qui est, elle-même, ce procès singulier par lequel les choses sont à nouveau à voir, à penser et, indéfiniment aussi, toujours-à-faire. Au cœur de la domination théologicopolitique et de ses images, l’acte de peindre devient réforme de l’entendement et résistance de la vie multiple à sa réduction sous l’Un de l’orbe crucifère du pouvoir impérial. Solitaire dans son entreprise, mais solidaire des pauvres et des opprimés, Bruegel construit – dans la clandestinité du sens – les espaces nouveaux d’une liberté commune … ou la « sphère infinie » dont l’égalité (du rassasiement des corps) est la mesure.
À propos de l'auteur
Laurent Bove est professeur émérite de l’université d’Amiens et membre de l’IHRIM, ENS Lyon.