Haro sur les Jacobins !
Les Jacobins et le jacobinisme n’en finissent pas d’occuper le débat public français, comme anathème souvent, comment étendard parfois.
Ce sont pourtant des mots piégés, charriant avec eux bien des légendes qui s’ignorent. Dans l’imaginaire commun, le jacobinisme désigne une centralisation féroce. Par opposition, le girondinisme, supposé décentralisateur, est paré de toutes les vertus libérales. Jacobins, jacobinisme : ces deux termes suggèrent aussi une année, 1793, et une dictature, celle du Comité de Salut public. Nous faisons ainsi retour en l’an II, entre Robespierre et la guillotine, dans la violence et l’inflexibilité d’un pouvoir central inquisiteur.
Et si les travaux des historiens avaient autre chose à nous dire ? Le jacobinisme a-t-il seulement existé ? Et qu’est-ce donc, pour commencer, que les « Jacobins » ?
Pour les retrouver tels qu’ils furent, au-delà de l’amoncellement de références polémiques dont les xixe et xxe siècles les recouvrit, il faut se plonger dans un récit de luttes et de rapports de force, donnant ainsi à voir sous un angle nouveau deux siècles d’une histoire politique française toujours passionnée par la Révolution.
À propos des auteurs
Guillaume Roubaud-Quashie est directeur de la Maison Triolet-Aragon, professeur d'histoire et directeur de la revue Cause commune.
Côme Simien est maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris 1-Panthéon Sorbonne. Membre de l'Institut d'Histoire Moderne et Contemporaine (IHMC-IHRF), ses recherches portent sur l'histoire sociale, culturelle et politique du XVIIIe siècle et de la Révolution.